Avant de prendre sa retraite, Michelle Campeau oeuvrait dans le domaine maritime.
Elle faisait partie de l’équipe de l’Administration de pilotage des Laurentides. En gros, il s’agit d’une société d’État fédérale chargée fournir des services de pilotage maritime notamment sur le fleuve Saint-Laurent.
Basé à Saint-Lambert sur la Rive-Sud de Montréal, Mme Campeau s’occupait, entre autres, «des feuilles de route» des pilotes qui prennent la barre des bateaux qui transitent sur le fleuve.
Donc, le transport, elle connaît ça!
Mme Campeau continue d’écrire son histoire dans le vaste monde du transport. Après les navires, ce sont maintenant les cyclistes qu’elle accompagne à sa façon. Et elle le fait avec le même sérieux… et beaucoup de plaisir.
La dame de Saint-Zotique, près de Valleyfield, en fait partie depuis environ trois ans.
Elle avait pris connaissance d’une annonce de recrutement de l’entreprise spécialisée en services pour les cyclistes. On était à la recherche de personnes pour déplacer des bagages des clients afin de les livrer à leur destination pour la nuit.
«Je me suis dit : pourquoi pas? J’aime conduire!», lance-t-elle.
«On fait de belles rencontres. Les gens en vacances sont sympathiques. J’aime savoir où ils vont. Et j’aime bien parler avec le monde des auberges et des hôtels où on livre les bagages.»
Cornwall et La Malbaie
L’autre jour, ce travail à temps partiel a mené cette grand-maman de deux petites-filles à Cornwall, en Ontario.
«Les longues distances ne me font pas peur. C’est une belle promenade de conduire jusqu’à Cornwall. C’est ce que j’aime. Ça me ferait plaisir d’en faire plus», mentionne-t-elle.
«Ma fille demeure à La Malbaie, dans Charlevoix. Je viens d’aller la voir. J’ai passé deux semaines là-bas. Ce n’est pas si loin. J’ai pu voir mes deux petites-filles. Je me suis gâtée…»
Pas si lourd les bagages de cycliste
Michelle Campeau ne se formalise pas trop du poids des bagages à transporter. Les cyclistes aiment voyager léger, fait-elle remarquer.
«Les bagages ne sont pas lourds généralement. Ce n’est pas si pire que ça», résume Mme Campeau.
«Et souvent, les cyclistes ont une ou deux valises. C’est tout.»
Elle n’hésite pas à encourager les gens cherchant un travail d’appoint à devenir transporteur de bagages pour une compagnie comme Voyager à vélo. Il est stimulant de côtoyer ces voyageurs qui découvrent le pays autrement, au rythme des coups de pédale.
Chaque trajet est aussi l’occasion de redécouvrir son coin de pays. Qu’il s’agisse de longer les rives du Saint-Laurent, de sillonner les routes de campagne ou de traverser des villages pittoresques, elle savoure ces escapades au volant.
Michelle Campeau a même incité un membre de son entourage à faire comme elle! «Mon beau-frère, Jacques Boiteau, en fait aussi. C’est moi qui l’ai entraîné là-dedans», reconnaît-elle en bouffant de rire.
Son parcours prouve qu’il n’est jamais trop tard pour se réinventer. Des cargos du Saint-Laurent aux valises des vacanciers à vélo, elle a trouvé une nouvelle façon de conjuguer passion du transport, rencontres humaines et liberté.

